Non, ce n'est pas un poisson d'avril ! La marque américaine Calfee propose des vélos au cadre en bambou. L'initiative n'a rien de loufoque, si l'on considère que ce matériau sert couramment à la construction des échafaudages en Asie, et qu'il s'agit d'une structure tubulaire en fibres ayant un fort pouvoir de filtration des vibrations.
Le modèle présenté a reçu plusieurs prix au NAHBS 2008, et si il est un poil plus lourd (1,2 kg le cadre) que les fibres carbone, le résultat, d'après les testeurs est remarquable. Et Calfee garantit son cadre dix ans. Les raccords sont au choix en fibre de chanvre ou en carbone, pour plus ou moins de raideur.
l'intérêt de la chose ? Le bambou est une des plantes à la croissance la plus forte (annuelle, comme toutes les graminées), donc pas de souci pour l'approvisionnement, et son recyclage est des plus simple, puisque c'est bio-dégradable. Seul (gros) reproche : pas encore de randonneuse 650 B à l'horizon.
Les cyclotouristes de toutes obédiences sont réputés pour prêter attention à ce qu'ils ont dans l'assiette, que ce soit dans le registre de la bonne bouffe ou dans celui de la diététique ascétique (et pourquoi les deux n'iraient-ils pas ensemble ?). Alors je vais vous parler du décret n°2007- 628 du 27 avril 2007 relatif aux fromages et spécialités fromagères. Plus connu sous son diminutif affectueux (?) de « décret fromages ». Ce texte comporte bien planqué dans un recoin une disposition qui va tordre le cou aux producteurs de fromages fermiers qui cherchent à maintenir une production de qualité. Dorénavant, La matière grasse d’un fromage doit être exprimée en teneur de matière grasse pour 100 grammes de produit fini, à l’issue du processus de fabrication (au lieu du gras/sec en cours de fabrication). Et parallèlement, la DGCCRF entend mettre fin à une tolérance qu’elle accordait jusque là aux producteurs fermiers et qui consistait à pouvoir utiliser la mention « matière grasse non précisée » sur leurs étiquettes.
L'idée de base n'est pas mauvaise en soi, puisqu'il s'agit de mieux informer le consommateur. Mais la mesure est redoutable pour les produits réellement « fermiers », pour lesquels la composition du lait varie selon la saison, selon le degré d'affinage du fromage. Pour un vrai fromage fermier, une telle précision d'affichage est totalement impossible.
Pour les producteurs industriels, aucun problème, le lait trop gras est préalablement écrémé, l'excédent allant enrichir le lait trop maigre, les processus sont calés et précis, le degré d'affinage est étroitement contrôlé. L'agro-industrie ne souffrira pas de ce texte, elle aurait même plutôt tendance à apprécier de voir ainsi tordre le cou à quelques bien modestes gêneurs et d'avoir le champ libre pour proposer des « labels de qualité » sans grande signification. Plus généralement, c'est l'idée que les produits agricoles sont des produits vivants (donc variables et saisonniers) qui s'efface encore un peu plus dans l'esprit d'une population de plus en plus urbaine.
A remarquer : au même moment, les ministres européens décidaient un règlement pour l'agriculture bio permettant de labelliser « bio » des aliments contenant jusqu'à 0,9% d'OGM , sans mention spéciale sur l'étiquette. Comme quoi la transparence est elle aussi un produit variable selon la saison...
Publié par la Confrérie des 650 /// 57, avenue de Montpellier 34270 CLARET - FRANCE