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Confrérie des 650



Beaucoup de confrères pratiquent plus ou moins souvent le cyclo-camping, et sont donc au fait des plaisirs et des contraintes du voyage itinérant et autonome à vélo. Cette page ne va donc pas leur apprendre grand chose, puisqu'elle se veut plutôt un encouragement au pratiquant occasionnel qui n'a encore réalisé que des sorties "à la journée", ou l'on se contente de revenir à la maison après un parcours touristique plus ou moins long.

Première "nocturne"

L'idée de cet article m'est venue à la lecture d'un article de Grant PETERSEN, le vélociste américain qui a fondé "Rivendell". Il part du constat que beaucoup de cyclotouristes sont limités dans leur pratique par le manque de temps, par les obligations familiales et/ou professionnelles, et doivent de ce fait limiter leurs sorties à des journées ou demi-journées, s'interdisant ainsi la pratique du cyclocamping. Il propose comme solution ce qu'il surnomme "S24O" pour "Sub-24 hour Overnight", soit une sortie de moins de 24 heures incluant une nuit dehors.

Cette pratique est un excellent moyen pour l'aspirant cyclo-campeur de tester et d'affiner ses compétences avant un "vrai" voyage itinérant, ceci dans le cadre de la vie active. L'idée est de partir en début de soirée, après la journée de travail, et de profiter du jour finissant pour rouler deux à quatre heures, ce qui permet de s'éloigner nettement des centres urbains pour se retrouver dans un environnement propice au bivouac (ou au camping organisé pour les premiers essais). Il ne reste plus qu'à planter la tente ou à déplier le sac de couchage pour les plus "rustiques" avant de réchauffer la gamelle. Et c'est parti pour une nuit à la belle étoile, ou sous la toile. Au petit matin (la condensation est un efficace réveille-matin), il est temps de décamper pour le trajet de retour, qui pourra se faire avant la reprise du travail ou avant de commencer le weekend en famille.

Quel intérêt ? Et bien pour commencer, c'est amusant. Pour bivouaquer une nuit, il est facile sous nos latitudes de vérifier la météo et de choisir la saison pour s'assurer une douce nuit étoilée. Choisir une saison clémente permet aussi de réduire la charge emportée, en réduisant les affaires personnelles. La durée est assez courte pour s'éviter ainsi des surprises météorologiques.
Ensuite, c'est le meilleur moyen de se tester et d'essayer le matériel. Vous avez envie de goûter au bivouac, mais vous ne savez pas si ça va vous plaire ? En commençant par une seule nuit pas trop loin, le seul risque est un sommeil à éclipse ou une soupe mal réchauffée, avant de rentrer tranquillement chez soi pour en tirer les premiers enseignements (sur le matériel à emporter, sur le choix du site, etc). Et il est possible de répeter l'expérience quelques jours plus tard. C'est donc un très bon moyen d'acquérir rapidement, sans risque et sans frais une solide expérience qui permettra ensuite de partir en toute confiance avec du matériel éprouvé pour un vrai voyage à étapes de plusieurs jours.

Quel matériel ?

Si cette sortie nocturne est conçue comme une préparation à un futur voyage, il faut bien sûr emporter le matériel prévu pour la future randonnée. Ce sera un excellent moyen de le tester "en situation". Si c'est juste une sortie pour le plaisir, vous pourrez évidemment faire l'impasse sur bien des choses et vous contenter d'un équipement dépouillé.

Le premier point concerne la bicyclette et ses équipements. Cette sortie sera le moment idéal pour essayer en conditions réelles les porte-bagages, leurs fixations et les moyens d'arrimer le matériel dessus. En cas de difficulté imprévue, compte tenu du faible kilométrage nécessaire au retour, c'est nettement moins grave que de voir une fixation se dessouder durant un voyage. Et comme le programme implique l'usage des bagages, c'est un bon moyen de se rendre compte de ce qu'implique le déballage tardif (voire nocturne) et le remballage matinal. Les montages "ingénieux" sont ainsi passés au crible de la réalité.
L'éclairage est un point essentiel, même si vous projetez de vous arrêtez tôt, en voyage vous n'êtes jamais à l'abri d'un parcours un peu plus long que prévu, d'un camping sur lequel on compte et qui est fermé... Cette sortie est le moyen de vérifier la sûreté de l'éclairage, ainsi que l'efficacité des réflecteurs passifs.

Le matériel de camping et de cuisine va dépendre largement de l'objectif de la sortie. Pour une simple promenade, il est possible de laisser tomber le réchaud au profit d'un repas froid préparé à domicile, et de se contenter d'un sac de couchage sous les étoiles, mais si l'idée est de vérifier le matériel en vue d'un futur voyage, autant emporter tous le matériel prévu : réchaud, tente, matelas auto-gonflant... Et de le mettre en œuvre.

Même raisonnement pour les affaires personnelles, dont le volume va changer selon que l'on se contente du strict nécessaire pour cette nocturne, ou si on embarque tous le nécessaire pour une ou deux semaines de randonnée itinérante et autonome. Idem pour le matériel de photo, qui sera pratiquement inutile pour une simple nocturne, mais qui sera pris pour un voyage.





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