Ailleurs dans ces pages, vous pouvez constater à quel point la culture "tout-auto" change, y compris aux États-Unis, amenant de nouvelles attitudes, de nouveaux comportements. Mais pas toujours, mais pas partout...
Un juge de la ville d'Eagle (Colorado) vient de condamner à 90 jours de prison, puis de dispenser de peine un automobiliste de 53 ans qui a malencontreusement roulé sur un cycliste qu'il a ainsi grièvement blessé avant de prendre la fuite. Ce qu'ils nomment un "hit-and-run". Le conducteur, un gestionnaire de fonds spéculatif, a été dispensé de peine (mais condamné à des travaux d'intérêt général) grâce à la prise en compte d'une expertise scientifique produite par la défense qui indique la possibilité d'une brève perte de connaissance due aux odeurs inhabituelles de l'habitacle de la nouvelle Mercédès du quidam.
Lorsqu'un policier a suivi la Mercédès après l'accident, il a retrouvé celle-ci camouflée derrière un magasin abandonné, où son conducteur avait entrepris de dévisser un rétroviseur endommagé, et avait déjà placé dans le coffre le pare-choc avant marqué.
Mais le conducteur, lors de l'audience, a indiqué qu'il était terriblement peiné par ce qu'il avait fait. De son côté, le procureur chargé des poursuites a décidé de laisser tomber l'accusation de "felony" car elle pouvait avoir des implications négatives pour le travail de gestionnaire de fonds spéculatif du prévenu.
Ce qu'il y a de bien avec ce genre de nouvelle, c'est qu'elle offre de nombreuses pistes de réflexion. D'abord, c'est une évidence, ne jamais acheter de berline allemande, leur odeur de cuir neuf provoque des malaises. Ensuite, au cas ou vous renverseriez un piéton, n'hésitez pas à produire un certificat médical démontrant que l'irritation fessière due à votre nouvelle Brooks vous a fait perdre le contrôle de la machine.
Décidement toujours de grands enfants irresponsables ces américains. Ce n'est pas chez nous que l'on assouplira le permis à points (ou saignant).
Il parait que l'herbe est toujours plus verte de l'autre côté de la barrière. Il paraît...
Il faut bien constater qu'au moment ou les vélocistes français pensent que l'avenir est dans une fuite en avant vers des produits toujours plus standardisés, toujours plus insipides, quelques vélocistes étrangers décident de cultivier l'image d'un certain art de vivre "cyclo" à la française. Sur le blog de Cycles Grand Bois, j'ai trouvé sa présentation d'un livre qui doit sortir ce mois-ci (décembre 2010) au Japon. Je reproduis juste la couverture, même si votre niveau en japonais est au plus bas, je pense que vous allez deviner le sujet de l'ouvrage.
Tiens, Cycles Grand Bois justement, tout simplement à cause du célèbre col, si renommé auprès des cyclotouristes.
Aux États-Unis, "Vélo Orange" nomme sa gamme de produits "Grand cru" parce que ça fait "français", Jean Heine importe des pneus créés chez Panaracer sous le nom "Cyprès" ou "Lierre". Lorsque des nouveaux freins sont refaits, c'est en soulignant bien leur parenté avec les "Mafac"...
Il serait temps de ce rendre compte que cette image de qualité cyclotouriste a une vraie valeur, qu'un certain art de vivre, un style sont évoqués à l'étranger chaque fois qu'il est question de vélo en France.
Il y a et il y aura de plus en plus une demande pour des bicyclettes de qualité destinées à cette pratique épicurienne, et il serait dommage de laisser à l'abandon ce secteur dans son pays d'origine. Les produits que nous faisons venir s'améliorent sans cesse, mais pourquoi faut-il les faire venir de si loin ? Un bon cintre est tout de même moins "lourd" à produire qu'un Airbus A380, il y aurait peut-être moyen de relocaliser la production ?
Publié par la Confrérie des 650 /// 8, rue Raymond Lefèvre 34200 SETE - FRANCE