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Confrérie des 650


Au départ, en 1995, la Confrérie des 650 était surtout un regroupement d'aficionados cherchant à peser sur les vélocistes pour obtenir certains consommables qui se faisaient rares. Rapidement, une stratégie plus offensive s'est mise en place, autour de la promotion du cyclotourisme sur des randonneuses classiques, que l'on désigne généralement comme "à la française".
Depuis, "pendant les travaux les débats continuent", nous ne manquons pas d'échanger de façon plus ou moins formelle sur les moyens de promouvoir le 650 B et les randonneuses classiques. Plutôt que de laisser ces réflexions en circuit fermé, nous allons dans cette page essayer de vous faire partager l'état temporaire des débats sur quelques sujets qui nous tiennent à cœur. Vous pouvez bien entendu nous écrire pour réagir, en n'oubliant pas que le débat officiel aura lieu à l'Assemblée Générale.

650 B = randonneuse "à la française" ?

Les randonneuses construites avant-guerre et jusqu'aux années 70 par les artisans français l'ont été autour du pneu de 650 B, à tel point que l'identification est habituelle, une randonneuse classique française, c'est du 650 B. Mais l'inverse est-il forcément vrai ? La défense du pneu de 650 B passe-t-elle obligatoirement par la promotion exclusive de la randonneuse classique ?

À la Confrérie, nous avons clairement répondu à cette question en concevant l'action de promotion du standard de pneumatique comme s'identifiant à la défense de la randonneuse classique : le cahier des charges de chacune de nos machines, "Évolution" comme "Élan", "Itinérances" ou "Cévennes" est toujours celui d'une randonneuse classique, complète et d'allure traditionnelle. De la même façon, le cahier des charges des pneus ou des jantes colle au plus près à cette idée.
La raison principale est bien sûr que si cette association a été créé, c'était par des cyclotouristes traditionnels qui entendaient préserver, au travers du standard de roue, un modèle technique patiemment amené à maturité par les constructeurs français, au fil d'un travail d'amélioration séculaire et des multiples polymultipliées, diagonales et autres randonnées au long cours.

Faut-il se limiter à cette forme de bicyclette ?

En parlant du 650 B, il ne faudrait pas oublier que ce pneu a été dominant dans la production française de tout ce qui n'était pas vélo de course, avant l'arrivée récente du 26''. Le 650 B, c'est bien sûr notre randonneuse, mais c'etait aussi le vélo du facteur, l'utilitaire urbain (souvent un "vieu clou" sorti du grenier), le porteur du livreur de journaux, le vélo du campagnard qui va chercher son pain au village... La plupart de ces machines n'a en terme de qualité qu'un lointain rapport avec nos machines, mais elles en suivent en général les grandes lignes : équipement complet avec éclairage, garde-boues et porte-bagages adaptés à la mission principale, géométrie plutôt confortable et pneus de bon diamètre pour encaisser les routes de qualité inégale.

Depuis quelques années, après la période la plus difficile de notre action (fin du XXème siècle), nous avons le sentiment que la randonneuse classique est dans une phase plus prospère. Nous voyons revenir (parfois d'horizons lointains) les pièces spécifiques comme les selles en cuir, les freins cantilevers, les jantes, les cintres et potences classiques... Tout cela se (re)trouve, parfois un peu cher à notre goût, mais il y a ainsi la possibilité de bâtir de belles et bonnes randonneuses. Du coup, nous nous posons la question de l'élargissement de la promotion du 650 B. Faut-il en rester à la promotion de la randonneuse sous ses diverses variantes (randonneuses légère et cyclocampeuse), finalement notre principal sujet d'intérêt, ou faut-il au contraire commencer à parler d'autres machines, moins réputées, mais dont l'intérêt serait d'élargir la base des défenseur du 650 B ?

Dans cette réflexion, il y a beaucoup de questions qui viennent se greffer, que je vais tenter de lister rapidement et pas forcément par ordre d'importance.
Le risque de "dilution" : élargir le champ de la promotion ne risque-t-il pas de brouiller le message porté par la Confrérie, qui a au fil des ans réussi à construire une assez forte identification Confrérie - pneu 650 B - randonneuse classique ?
Élargir la base : le maintien d'une filière "650 B" beaucoup plus large que les seuls cyclotouristes peut présenter l'intérêt du maintien d'un vivier de recrutements futurs. Comment peut-on évaluer son importance, ses retombées possibles ?
La question des moyens : le travail fourni jusqu'à présent par la Confrérie a largement mobilisé tous ses moyens, parfois jusqu'à la saturation. Pouvons-nous élargir notre "périmètre défensif", en avons-nous les moyens, et quelles méthodes employer ? La simple communication autour de l'existence de ce standard dans son versant utilitaire et urbain aura-t-elle un impact auprès des jeunes urbains ?

La randonneuse est-elle une forme définitive ?

C'est le deuxième grand débat au sein de notre Confrérie, et celui-là peut concerner l'avenir de nos randonneuses. La forme atteinte aujourd'hui par la randonneuse "à la française" est considérée par ses utilisateurs actuels comme un aboutissement, un point d'équilibre difficile à dépasser en terme de polyvalence et d'efficacité. Mais durant les années récentes, certaines évolutions, certains changements techniques peuvent modifier la conception que nous nous en faisons.

Choix techniques : c'est dans ce paragraphe que je vais ranger la disparition possible (probable ?) du chromage, voire de certaines peintures, victimes de leur caractère particulièrement nocif. De nouveaux matériaux, de nouvelles finitions sont à prévoir, comme l'usage de porte-bagages en inox ou simplement peints plutôt que chromés. C'est aussi là que je placerai la question de l'éclairage, avec la généralisation des Leds, mais celà ne devrait guère changer l'aspect et l'usage de nos machines.

Les transmissions : une évolution est déjà en cours, avec aussi sa contre-réforme, autour des changements de vitesses intégrés aux poignées. À tel point que l'on a pu croire la manette de cadre disparue dans la tourmente. Heureusement il n'en est rien, et les amateurs d'une méthode "ouverte et durable" (la manette à friction s'adapte à tout) trouvent encore de quoi équiper leurs randonneuses. Mais cette question connaît un rebondissement imprévu avec le renouveau de la polymultiplication par engrenages, qui revient avec les moyeux Rohloff ou Shimano, en proposant durabilité et bon étagement des développements. Mais peut-être pas une efficacité suffisante pour les amoureux de belle mécanique.

Usage principal : il s'agit là plutôt d'un changement de "doctrine d'utilisation", avec un usage moins tourné vers les longs parcours routiers et plus de voyages en chemins. C'est probablement pourquoi les cyclotouristes américains privilégient les pneus de 35 à 42 mm, plus confortables et finalement pas moins efficaces dès qu'il s'agit de sortir fréquemment du bitume (sur piste roulante cependant) ou dès que le cyclocamping devient l'usage majoritaire. En poussant plus loin, certains en viennent à remettre en cause le choix du guidon multipositions hérité de longues années de pratique pour choisir plutôt un cintre plat, moins confortable sur longues distances mais perçu comme mieux adapté à la ville et aux sentiers.






Publié par la Confrérie des 650 /// 8, rue Raymond Lefèvre 34200 SETE - FRANCE