La vie du couple train et vélo, c'est un peu l'histoire d'un couple qui aurait tout pour être heureux, mais ou la cruelle indifférence de la SNCF gâche ce beau tableau. Pourtant, le réseau ferroviaire peut être l'allié idéal du cyclotouriste : réseau dense entre villes moyennes, facilité et économie d'usage...Dans la pratique, il faut distinguer l'offre régionale (très intéressante) et l'offre grandes lignes, largement défaillante.
"Trains de plaisir", c'est le joli nom que les parisiens donnaient à la fin du XIX, début XX siècle aux trains qui permettaient à une population laborieuse de quitter la ville le dimanche pour une courte partie de campagne. Aujourd'hui, les trains de plaisir, ce sont les TER.
La plupart des régions (qui financent ces trains) font un notable effort de renouvellement du parc, avec des rames beaucoup plus facilement accessibles avec un vélo chargé, un bonne cadence de départ et la gratuité du transport des vélos. La seule restriction parfois imposée concerne les horaires les plus chargés (départ et retour des actifs).
La première façon, la plus évidente, de profiter de la combinaison TER + vélo, c'est d'en profiter pour augmenter notablement son "rayon d'action touristique" durant un week-end. Quitter la ville le samedi et y revenir le dimanche soir avec le train, c'est un bon moyen d'aller profiter de la région en se dégageant des "plaisirs" que procure la traversée de la banlieue résidentielle et des diverses zones commerciales, le tout pour un tarif qui dépassera à peine le prix d'une place de cinéma. Ou l'on retrouve les "trains de plaisir" évoqués plus haut.
L'autre façon de considérer l'offre TER+vélo, c'est d'y voir le moyen de pallier la politique déplorable de la SNCF sur ses grandes lignes. Pour traverser la France, il sera alors possible de combiner deux, trois ou quatre TER, le transport du vélo étant gratuit. Le principal inconvénient, c'est bien sûr le délai supplémentaire liée aux correspondances multipliées, qu'il vaut mieux prévoir un peu larges pour éviter les mauvaises surprises. Pour calculer un tel voyage, évitez le site de la SNCF, allez plutôt vers Die Bahn France, ou vous pouvez choisir "autres options" pour avoir les offres train+vélo. Vous pouvez d'ailleurs combiner cette recherche avec l'option "trains régionaux", ce qui vous évitera les frais supplémentaires que la SNCF imposent sur beaucoup de ses grandes lignes.
Pour commencer, rapellons simplement que le Parlement Européen a voté le 18 janvier 2007 une « résolution législative sur les droits et obligations des voyageurs ferroviaires internationaux » qui dans son article 4bis stipule « ...Sur tous les trains, y compris les trains internationaux et les trains à grande vitesse, les voyageurs doivent pouvoir, éventuellement contre paiement, emporter poussettes, fauteuils roulants, bicyclettes et engins de sport, lesquels doivent être rangés dans un espace prévu à cet effet.» La SNCF a répondu à cette résolution en ne permettant plus le calcul d'un itinéraire avec l'option train+vélo (mais nous avons vu que DB France le fait).
Si l'information est défaillante, l'offre l'est également de plus en plus, puisqu'à chaque changement d'horaires, le nombre de trains "grandes lignes" (TGV, corail, lunéa...) offrant le train+vélo se réduit. Les récentes réunions sur ce thème ne laisse guère d'espoir, puisque les TGV "Duplex" vont se multiplier, et ne seront pas aménagés pour les vélos. Un bon indicateur du "grand intérêt" de la SNCF pour le cyclotourisme est le rattachement du service chargé de l'offre train+vélo à la structure chargée des TER. Voilà qui a le mérite d'être clair !
Il est difficile de voir un simple hasard dans ces difficultés, elles sont trop fréquentes et manifestes pour n'être pas le résultat d'une volonté délibérée d'écarter les vélos, si gênants pour l'objectif de rentabilité maximale du moindre espace à bord. Et cette politique est tout aussi manifeste dans les autres pays européens.
Publié par la Confrérie des 650 /// 57, avenue de Montpellier 34270 CLARET - FRANCE